-R: Faudrait ben que je me décide, hein
F: Ben c'est là, parce qu'aujourd'hui c'est la remise des inscriptions.
R: Quoi? Attends-moi, j'ai quelque chose à faire...
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Je suis le genre de personne qui a un plan et... est supposé s'y tenir. J'ai abandonné tant de fois dans ma vie par pur désintérêt au bout de périodes de temps ridiculement courtes que, maintenant, baisser les bras ou changer d'avis est un coup de masse sur mon orgueil habituellement assez bien contrôlé. Je suis réfléchie, secrète, studieuse, rationnelle, quasi stratégique... Tout l'inverse de l'énergumène en bas résille et t-shirt home made qui gambade dans le cégep que tous voient chaque jour. Pendant de longues nuits, un monstre nouveau sous mon lit tente d'attacher mes membres au matelas, mon crâne martelés par les mots de ma mère.''C'est pas assez. Il n'y a pas de sot métier, mais tu pourrais faire tellement plus...''Tellement plus? Merci de la précision. C'est sensé vouloir dire quoi?
Déception #1: Une remise en question de mon choix de carrière en un temps inopportun de stress.
Déception #2: Dériver après que tous aient été si fier de voir la petite dernière continuer la lignée familiale d'enseignants! Faute de continuer le nom, j'aurais au moins continué la profession...
Déception #3: Avoir à me casser la tête avec un autre abandon et une autre difficile décision.
Lors de la visite de l'ergothérapeute de ma mère, elle a l'illumination pour mon future: intervenante en éducation spécialisée. Réaction de la Rose: Hein? Sérieux? Jamais, j'ai pas les nerfs pour ça! Le cours est super rushant! Arrg, come on, mamaan! Pourquoi tu fais ça, semer des idées?! On fait pas des affaires comme ça, mère indigne! *Humour familial particulier *
Et pendant tout le début de la session, je changeais et rechangeais d'avis, visitais les site du Centre Collégial, cherchais des infos sur la formation, questionnais Qui-de-droit sur ce que ''dafuq'' je devrais faire... Et là, date limite pour les inscriptions de l'automne parce que tout le monde se précipite dans ce cours et que les places sont limitées. Voilà, sur un coup de tête je pars avec toute la détermination que je n'aurais jamais eu dans mon état normal vers le bureau de la responsable des programmes du collège.''J'ai entendu dire qu'on avait jusqu'à aujourd'hui pour le changement de programme?'' Elle sourit du haut de ses 4pieds et quart en me tendant un formulaire, bureaucratie oblige merci. Et pendant que je décide de mon avenir, elle me parle de sa superbe nouvelle lampe IKEA qui fait très joli la nuit avec le plastique de couleur et la lumière, et tout, et tout.
Puis, quelques semaines après, Madame Grève s'impose nous faisant oublier le mode de vie entraîné par la chose pour laquelle on se bat. Je vois, vers le mois d'avril, tous les posts Facebook joyeusement annonceur Qu'untel est accepté dans X programme et... j'attends. Encore. J'attends en me remettant en question, me disant que j'ai peut-être fait, une fois de plus, le mauvais choix, que je n'y arriverai surement pas, que les levées de cours ont tout changé dans les prérequis.. Bref, j'attends.
Et un matin, mon père entre avec une petite, mais rondouillette lettre de mon collège.
Comme ça aurait pu être ma lettre de Poudlard, je l'ouvre en sentant que ça y est, j'ai un destin plus clair enfin!
Puis j'en sors un ''il nous faire plaisir de confirmer votre demande d'admission'' et ensuite un drôle de ''les risques de morsures que comporte les stages exigent la mise à jour de vos vaccins contre l'hépatite B et la rage''
Donc, je vais avoir un métier, des morsures, des piqûres et
Donc, je vais avoir un métier, des morsures, des piqûres et
une très longue rencontre d'information ce soir.
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