12 oct. 2012

Les Versets du Rationnel: Masque


Linge-toi, savonne ton esprit, allèche ta soif de perfection. Vois-toi.
Je suis à nu, tombent les visions.                                                            Société où passé dix ans, nous ternissons



Les corps fort sont ma passion, ces frères, ces âmes solidement émotives. Pourtant, j'ai aujourd'hui une pensée admirative pour ma propre cohorte de genre. Ces outils de beauté sont devenus un cachot. Se barbouiller le visage de chimie est devenu règle en ce monde. Pire, nous sommes nos peintures de guerre.
 
Qu'en est-il lorsque nous agitons le drapeau blanc? Pinceau, je te pose sur ma commode, pour la nuit et demain aussi. Plus tard, nous nous reverrons, mais je t'accueillerai mieux. Alors, voilà, je n'ai rien mis d'autre sur ma peau que le sourire et le soleil. Comme beaucoup d'autres aujourd'hui.
 
Ces si belles fleurs flétrissent de l'intérieur par la peine de ne pas être comme il faut. Alors maintenant, nous sommes comme il faux, falsifiant le soi que l'on croit. Parce que oui, à la longue, on se croit. Croit forte, croit grande, croit vraie. Croit invulnérable tant que cette barrière ne montre pas que nous sommes autres, que nous pouvons faiblir, s'illuminer, voire rougir. Avez-vous vu dernièrement une femme rougir? Moi, rarement. J'ignore même la réelle couleur de leur peau.
 
Ainsi est-il que mon art est celui du vrai. Celle avec des paillettes sur les yeux à l'habitude adore pouvoir les avoir dans les yeux et qu'on le voit.  Ainsi est-il que toute ces femmes que je vois à la télé aujourd'hui, visage allégé, me sont plus belles à chaque regard qu'elles envoient à la caméra, timidement intimidée par leurs vices dévoilés. 
 
Parfait imperfection, reste avec moi.
Chaque tâche sur mon visage est comme elle se doit.


En fait, elles sont si belles que je n'ai même plus envie de me confectionner.

Les versets du rationnel: Masque

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