Son amitié me pèse. Elle est lourde, accablante, sans répis et torture chaque morceau de mes neurones lorsque je ressasse le fait que je ne serai et ne voudrai jamais être ce qu'il attend de moi. Parce qu'il n'est pas ce que j'attend de la vie, parce qu'en toute vanité, l'extérieur ne me plait pas, parce que je ne peux juste rien y changer et que, même si je pouvais, je n'en voudrait aucunement plus. Qu'il soit près, qu'il me suive, m'accompagne, m'accable de silence ou pire de paroles, qu'il soit revenu change tout. C'est une ombre sur mon avenir, le spectre d'un meilleur ami qui ne me suffit plus et semble n'être désormais qu'un fardeau. Pour la simple raison que ma conscience arrête tous mes gestes envers un autre de peur de l'attrister, pour l'épargner d'une vision aussi terrible que celle que j'ai tant vue; la vision d'un être aimé en symbiose avec une version améliorée de soi-même. Avec quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'autre... Quelle horreur.
Son parfum est trop fort, il chasse celui des fleurs, celui du ciel, de l'eau, d'un souvenir où un bellâtre sans nom était passé si près que le sien, plus subtil, s'était fait un chemin jusqu'à mon cerveau déstabilisé. Sa voix marque mes tympans, abuse de la musique dans mes écouteurs, menace mes propres mots d'une gaffe que je surveille de près, reste collée à mes sens comme pour me rappeler qu'il reste aussi. Son regard est surprotecteur, ses gestes trop vaillants, son attitude malsaine de générosité. Plus je refuse les offrandes, plus il s'y surpasse, plus il est présent, plus ses allusions sont fréquentes. Laisses-moi!
J'esquive les remarques, je fuis notre solitude, évite ce qui pourrait aborder le sujet. J'y suis de glace et ne demande qu'à ne plus avoir à y faire face. Impossible. Tu y reviens toujours. Toujours...
Mais ça me tue de penser tant de mal de quelqu'un de si bien...
Mais en même temps, c'est la seule réaction que ça m'apporte
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire