12 oct. 2012

Les Versets du Rationnel: État policier





 
C'est comme si la tête allait me péter entre les mains. Le soir, j'entends les cris de guerre, je vois les murs dur Bloc E, je ressens les injonctions, la pression, je jongle avec mon envie de tout casser, de ramasser des gifles en pleine gueule de notre société pour lui ouvrir les yeux et celle de rester calme, pacifique, de donner des bouquets de marguerites aux anti-émeutes qui escortent nos ravages. J'exploserais en sanglot de peur, de peine, de rage, d'exaltation devant l'énormissime mouvement qui se crée, mais avant tout, de stress.État policier
Le stress. Le stress... Juste de dire le mot, mes épaules se relâchent. Je voudrais boire pour me divertir, mais je hais l'effet. Ou me détendre avec des substances illicites, mais c'est complètement à l'encontre de mes valeurs. Déverser mon ire à coup de poing dans le corps de ces gens qui font tout, tout croche, qui ne comprennent rien, mais ma force meurt. Enlacern'importe qui juste pour l'endorphine que procure une dose d'affection, mais on me repousserait. Vivre seule, dans une bulle parfaite sans dérangement, sur le mode de vie dont je rêve depuis toujours, mais ça voudrait dire me retirer de ce pourquoi je travaille si fort.État policierJe tremble à chaque réunion. J'ai froid de l'intérieur. Mon cerveau se bat à la limite de l'hémorragie. Du rouge, partout du rouge. Voir vert ne signifie plus écologie. Vert comme l'argent, comme l'élite, comme ce qui est sale, impure, passé date. Vert de jalousie, émanation de la puanteur capitaliste. On se saigne pour plus de rouge, s'écorche pour moins d'injustice, se momifie d'écarlate pour rester dans les mémoires. Rouge, partout du rouge. Je commence à en avoir des bleus.
 

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